Tempérage chocolat : pourquoi et comment ?
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Si vous êtes un amateur de pâtisserie, il y a de grandes chances que vous ayez déjà entendu parler de tempérage . Si vous utilisez du chocolat Valrhona, vous avez déjà peut-être remarqué des courbes de température au dos des sachets de fèves. Aujourd’hui, on vous explique tout sur cette étape technique et très importante lorsqu’on travaille le chocolat. Et on le fait en compagnie de Mehdi, fondateur de The French Pâtissier , un organisme de formation dont la vocation est d’accompagner les passionnés de pâtisserie. Pour en savoir plus sur Mehdi et The French Pâtissier, vous pouvez consulter son portrait. Pour tout savoir sur le tempérage du chocolat et suivre les explications, continuez la lecture de cet article !
✔ Pourquoi tempérer le chocolat et dans quels cas ?
Le tempérage est essentiel pour obtenir un chocolat brillant, cassant, sans traces blanches et qui ne fond pas dans les mains. Il est obligatoire pour les créations 100% chocolat : moulages, tablettes, décors, enrobages. Il n’est pas nécessaire pour les ganaches ou crémeux.
✔ Méthodes et étapes du tempérage
Le tempérage consiste à faire fondre le chocolat, puis à contrôler sa descente et remontée en température selon une courbe précise (différente pour chaque type de chocolat). La méthode de l’ensemencement, idéale à la maison, consiste à ajouter du chocolat solide au chocolat fondu pour atteindre la température de pré-cristallisation, puis à réchauffer pour obtenir la température de travail. Un thermomètre est indispensable pour réussir cette technique.
✔ Conseils pratiques et erreurs à éviter
Utilisez une quantité suffisante de chocolat, évitez tout contact avec l’eau, respectez les températures et faites preuve de patience. Vérifiez la réussite du tempérage avec un test sur papier cuisson. Entraînez-vous régulièrement et ne vous découragez pas : la pratique est la clé pour maîtriser le tempérage du chocolat.
Sommaire
Il s’agit d’un procédé qui permet au chocolat de restituer de la meilleure façon ses caractéristiques et ses qualités organoleptiques. De quoi parle-t-on ? De la brillance, de la texture cassante, d’un chocolat qui fond bien dans la bouche mais pas dans les mains, et d’une bonne expression des flaveurs.
Que risque-t-on d’obtenir si on ne tempère pas son chocolat ?
Utiliser cette méthode, c’est donc l’assurance d’avoir un rendu brillant, lisse, bien cassant et qui ne fond pas lorsqu’on le manipule.
Le tempérage est obligatoire lorsqu’on souhaite réaliser une création 100% en chocolat. Comme des décors en chocolat, des moulages de Pâques ou de Noël, des tablettes, des enrobages de bonbons, ou encore des décorations d’entremets. En revanche, si vous mélangez le chocolat à un autre ingrédient, cette étape n’est pas nécessaire. Vous n’avez donc pas besoin de tempérer si vous réalisez des ganaches, des crémeux, ou des glaçages.
Il est important de bien faire cette distinction. Faire fondre du chocolat consiste simplement à l’amener à son état liquide. Le tempérer consiste à le faire fondre, puis à contrôler sa redescente en température.
Lorsqu’on tempère un chocolat, on le fait passer par 3 températures :
Une fois la température de travail atteinte, la cristallisation peut avoir lieu en obtenant de belles qualités organoleptiques.
La technique reste la même, mais attention, les trois températures varient. En effet, tous les chocolats n’ont pas la même composition. Les courbes de températures sont différentes en fonction des pourcentages de beurre de cacao et de matière sèche (et donc du type de chocolat travaillé).
Il s’agit d’une courbe vous indiquant les trois températures à respecter pour tempérer votre chocolat. Vous les retrouvez au dos des packs des chocolats Valrhona. Elles sont propres à chaque référence. C’est un outil incontournable pour maîtriser cette méthode.
Parce qu’il est riche en beurre de cacao et sera donc plus facile à travailler et fluide. Pour être qualifié de chocolat de couverture, un chocolat doit contenir au moins 31% de beurre de cacao.
Vous avez peut-être en tête des images de chefs en train de travailler de grandes quantités de chocolat fondu sur un plan de travail en marbre (on parle de tablage du chocolat). Il est très probable que vous n’ayez pas un tel plan de travail. De plus, vous risquez de repeindre votre cuisine et de mettre du chocolat partout, ce qu’on ne vous souhaite pas.
C’est celle que nous vous recommandons pour vos créations chocolatées à la maison. Elle consiste à faire fondre vos fèves Valrhona, puis à y ajouter des fèves non fondues. Cela permet de faire redescendre beaucoup plus rapidement vers la température de pré-cristallisation.
Etape 1 : Commencez par exemple avec 400 g de fèves de chocolat . Mettez 100 g de côté.
Nota Bene : Pour la méthode de l’ensemencement, la quantité minimum à travailler est 300 g. Il vous faut une certaine quantité afin d’avoir de l’inertie. Sinon les changements de température se font trop rapidement.
Etape 2 : Faites fondre les 300 g au bain-marie ou au micro-ondes. Au micro-ondes, allez-y progressivement, par tranches de 10 secondes. N’ajoutez surtout pas d’eau. Au bain-marie, faites attention à la vapeur d’eau. Elle peut condenser et retomber dans votre cul de poule s’il fait froid dans votre cuisine… Ce serait fatal pour votre tempérage.
Veillez au fait que chaque chocolat a une température de fusion différente :
Etape 3 : Vous allez utiliser les fèves mises de côté au début. Ici l’objectif est de faire redescendre la température, en ajoutant du chocolat à l’état solide. Si vous ajoutez des fèves entières, le tout risque de refroidir trop vite. Le conseil de Mehdi ? Hachez-les en tout petits morceaux. Veillez à utiliser un couteau bien aiguisé car si vous créez trop de frottement avec un couteau mal aiguisé, vous allez déjà faire chauffer les fèves. Autre option, réduire vos 100 g en poudre avec quelques coups de mixeur.
Etape 4 : Ajoutez progressivement vos petits morceaux au chocolat fondu, tout en mélangeant et en contrôlant la température. Allez-y doucement : une cuillère à soupe par une cuillère à soupe.
Etape 5 : Continuez jusqu’à la température de pré-cristallisation. Le chocolat est liquide mais commence à être épais. La cristallisation est alors amorcée.
Une fois de plus, cette température varie selon les chocolats que vous travaillez.
A cette étape, la totalité du chocolat doit être fondu. Vous ne devez pas avoir de morceaux.
Etape 6 : Vous allez enfin réchauffer une dernière fois votre chocolat. Sa température doit remonter de 2 degrés, pour attendre la température de travail. Cette dernière dépend elle aussi de la couleur de votre chocolat :
Attention si vous souhaitez utiliser le bain-marie avec un cul-de-poule en inox. Celui-ci aura de l’inertie et va garder de la chaleur même une fois sorti de l’eau. Pour cette étape, Mehdi vous conseille plutôt un sèche-cheveux ou décapeur thermique. Tenez-le assez loin du bol et mélangez bien, afin que la température soit bien homogène.
Etape 7 : Vous avez atteint la température de travail ? Bravo, vous pouvez commencer à réaliser vos décors, à mouler vos tablettes ou vos œufs. Il est primordial de toujours maintenir cette température. D’après Mehdi, c’est d’ailleurs le plus compliqué.
Pour la cristallisation de vos réalisations, laissez-les à température ambiante. Vous n’avez pas besoin de couvrir le tout. Vous pouvez aussi les passer 10 min maximum au frigo, si vous réalisez un moulage fin. Attention, votre frigo ne doit pas avoir d’odeur ni d’humidité.
Si vous faites un moulage avec plusieurs couches, laissez pré-cristalliser la première couche, mais pas complètement, avant d’ajouter la deuxième. Attendez que le chocolat ait un aspect un peu terne puis enchaînez avec la seconde couche.
Avant de se lancer dans la réalisation de vos décorations ou de votre moulage, vous souhaitez vérifier que vous avez réussi un bon tempérage ? Vous pouvez effectuer le test suivant. Découpez une languette de papier cuisson. Déposez-la sur la surface du chocolat à température de travail. Posez-la sur une planche en bois ou en plastique, chocolat face à vous. Si ce dernier ne cristallise pas au bout de 3 min ou qu’il se solidifie en laissant apparaître des traces blanches, votre tempérage est raté, il faut recommencer.
Une variante de ce test. Prélevez une première languette, autour de 40°C, puis une autre à la température de travail. La deuxième doit cristalliser plus vite que la première si le tempérage est réussi.
Autre moment de vérité, au moment du démoulage. Une création réalisée avec un chocolat bien tempéré se démoule facilement et n’a aucune trace blanche.
Malheureusement, un thermomètre est nécessaire pour le tempérage du chocolat. Cette technique nécessite de faire passer votre chocolat par des températures précises. Pas de thermomètre, pas de tempérage.
Premièrement, entraînez-vous! Pas de secret, la pratique régulière est votre meilleure alliée. De plus, vous pouvez retempérer plusieurs fois d’affilée. Donc pas de panique, vous ne gaspillez pas de matière (à moins d’avoir vraiment trop chauffé …. Ou d’avoir tout mangé).
Ne vous découragez pas. La qualité principale d’un passionné de pâtisserie, c’est la résilience. Restez humble, les pâtissiers professionnels mettent des années à acquérir leur savoir-faire.
Ne vous mettez pas la pression avec ce que vous voyez sur les réseaux sociaux. Les gens ne postent et ne montrent que les réussites, pas les (nombreux) essais ratés.
Lorsqu’un chocolat est bien tempéré, ses cristaux de beurre de cacao sont bien organisés, de façon régulière. Pour pouvoir l’utiliser sous une autre forme que celle des fèves, on doit passer par l’état liquide. Cependant, lors de la fonte, les cristaux se désorganisent. Si on refroidit le chocolat tel quel, il sera cassant, car sa structure ne sera pas bonne. Le tempérage permet donc de réarranger les cristaux présents, afin de revenir à une structure organisée et régulière.
De façon plus précise, ce sont les cristaux bêta du chocolat qui donnent la brillance et le côté cassant recherchés. Lorsqu’on atteint la plus basse température de la courbe, le chocolat n’est pas dur mais commence à avoir quelques cristaux bêta. Une fois que quelques-uns commencent à apparaître, la cristallisation progresse plus vite, comme la formation du givre.